Tanzanie / Ouganda: East Africa Marine Transport

Favoriser le commerce régional

Le défi

En Afrique subsaharienne, l’infrastructure de transports inadaptée représente un obstacle majeur à l’expansion du commerce. Les quelques routes existantes sont souvent impraticables et les coûts de transport des marchandises vers les marchés sont prohibitifs pour les producteurs et les commerçants de la région. Dans les pays riverains du lac Victoria (Kenya, Tanzanie et Ouganda), la majorité du fret est aujourd’hui transporté par voie terrestre, le long de l’axe régional souvent encombré du « Couloir Nord ». Les bateaux ne quittant le port que si les cales sont pleines, le transport de marchandises entre les rives du lac Victoria demeure irrégulier. Cette discontinuité engendre des coûts d’opportunité et des contraintes économiques pour les entreprises, particulièrement celles dont les cargaisons exigent un transport rapide.  Les chefs des États membres du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) et de la Communauté d’Afrique de l’Est se sont engagés à adopter une approche intégrée pour diversifier les voies commerciales, reconnaissant le potentiel que présente la transformation du lac Victoria, aujourd’hui un frein au commerce, en une route commerciale majeure.

Tour d’horizon

Solution

opérationnel
2016 -

Le projet East Africa Marine Transport (EAMT) a mis en œuvre le premier service de transport de marchandises du lac Victoria. Chaque traversée permet désormais à un maximum de 21 camions à pleine charge de voyager entre les ports de Port Bell (desservant Kampala, en Ouganda) et de Mwanza (sud) en Tanzanie. Le M. V. Mpungu, un navire spécialement conçu dans le cadre du projet EAMT, assure aujourd’hui le premier service de fret à horaire fixe du lac. Le projet a également permis la modernisation des installations portuaires, lorsque cela s’est avéré nécessaire. Un accord de location à long terme est en vigueur pour l’infrastructure de Port Bell. Le projet EAMT est réalisé en partenariat avec Grindrod Limited (Grindrod), une société experte en logistique régionale. Ce premier ferry devrait démontrer l’intérêt du marché pour un service régulier et attirer d’autres investissements pour augmenter la capacité de fret et créer des routes transfrontalières supplémentaires.

Construit dans un chantier maritime bâti à cet effet à Entebbe, en Ouganda, le cargo EAMT de 1 000 tonnes et 96 mètres de long est devenu opérationnel au début de l’année 2025. Alors qu’un trajet moyen par voie terrestre peut durer 3 à 4 jours, le M.V. Mpungu réduit ce temps à 18 ou 20 heures à peine. Les coûts de fret s’annonçant inférieurs aux coûts actuels du transport terrestre, les prévisions indiquent, grâce à ce projet, des économies d’environ 2 à 3 millions de dollars US dès la première année. La mise en œuvre d’un service de cargo régulier désengorge les routes et offrira aux producteurs et commerçants un accès fiable, durable, rentable et rapide aux marchés régionaux. Il est attendu que cet accès abordable aux marchés facilitera le développement de « l’économie bleue » dans des domaines tels que le tourisme, la pêche, l’éducation et la formation.

Le Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures (FFUEAI) a contribué à la conception et au développement du projet en finançant des études de marché et de définition technique, l’évaluation de la conception du cadre légal et institutionnel, les infrastructures portuaires, les voies maritimes et les opérations douanières.

Pour assurer la réussite de cette initiative, InfraCo Africa a collaboré durant toute la phase de développement avec eleQtra et Grindrod. Ces deux entreprises ont chacune apporté une précieuse contribution : la première en partageant son expérience acquise lors du projet KIS et la seconde en s’appuyant sur ses solides compétences en logistique et en transport, ainsi que sur son expertise des flux commerciaux en Afrique.

Développement par InfraCo Africa et Grindrod Ltd

Les partenaires